Bienvenue et...en route!

Crédit photo Gilles Bindi

 

 

 

 Il était une fois un garçon affalé sur une chaise, dans toute la nonchalance de ses 16 ans. Son lycée avait décidé qu'il irait écouter une conteuse et cette conteuse, c'était moi.

 

Je venais de raconter le joueur de flûte de Hameln, cette histoire où un étranger se fait chasser d'une ville, avec insultes et sarcasmes, une fois qu'il a rendu service et qu'on n'a plus besoin de lui. Le garçon s'est redressé sur sa chaise.

 

« Votre histoire, on dirait qu'elle parle de trucs d'aujourd'hui »

 

C'est exactement cette intemporalité que j'aime dans les contes.

 

Les contes piétinent le politiquement correct, depuis les mythes anciens  jusqu'aux historiettes pour les bébés, où le plus petit doit lêcher le plat car les autres ont tout bouffé.

 

On respire ! Enfin ! Disons la mort, la roublardise, les monstres, la méchanceté : tout ça est en nous. Et disons aussi le sublime, la magie, le courage, le rire, qui le sont tout autant.

 

 

 

 

Voici le début de Jorinde et Jorindel. C'est une histoire  magique. Au départ je l'avais choisi juste parce qu'il y est question d'une chouette. Mais très vite, en le racontant, je me suis rendue compte que sa force me dépassait.  Elle embarque et elle marque, en particulier les enfants . Alors je laisse faire faire le conte, toujours émerveillée de me sentir courroie de transmission d'une parole du fond des âges, qui raconte bien plus que deux amoureux en prise avec une sorcière. 

Je le raconte souvent en balade contée.

Vidéo réalisée par le talentueux Gilles Bindi, avec le concours bienveillant d'une forêt en hiver.